Prédication Pâques 2022

Prédication Pâques 2022

Dimanche de Pâques, prédication : émotion, joie, responsabilité. Aujourd’hui j’ai une seule Bonne Nouvelle à partager avec vous : Christ est ressuscité !

Cette semaine passée nous avons suivi Jésus dans sa dernière semaine d’homme à Jérusalem, avec tout ce qu’il y a d’humain des louanges, des joies, des colères, des temps de partage et d’amour, des reniements, des hypocrisies, des jugements et condamnations, des souffrances, des exactions de toutes sortes …j’ai envie de dire « les nouvelles du jour »… pardonnez-moi cette expression…

Pour finir, vendredi soir, nous avons entendu le récit de la Passion du Christ dans l’évangile selon Jean. Jésus meurt devant la foule. Le soir même avant le sabbat, il est enseveli à la hâte, par Joseph d’Arimathée et Nicodème,  dans un tombeau tout neuf dans un jardin, près de Golgotha. La mort.

Puis silence, silence du samedi.

C’est dans ce silence que Jésus est relevé d’entre les morts, sans témoin, dans l’intimité et la discrétion de Dieu, dans la profondeur de l’Amour de Dieu vainqueur de la mort et du mal. 

Et à l’aube du premier jour de la semaine, la lumière de Pâques révèle la pierre roulée, signe d’une vie nouvelle

Ce sont les femmes qui, les premières, le découvre, elles ont été jusqu’au bout de la mort de Jésus et seront les premières à se rendre au tombeau pour accomplir les derniers soins au corps du bien -aimé. 

L’évangéliste Jean n’a retenu que Marie de Magdala. Celle-ci, toute à sa souffrance, voit la pierre enlevée du tombeau. Le verbe grec utilisé se traduirait plutôt par elle observe. Sans doute cette pierre est sa préoccupation comme le rapporte Marc, elle ne voit que cela, et évoque la thèse de l’enlèvement…On lui a ravi la vie de Jésus, et maintenant pour comble de son chagrin, on lui a pris le corps… Et pourtant qui aurait intérêt à enlever le corps en secret ? Sûrement pas les Juifs dont c’était la crainte comme le relate  Mathieu ….

Marie de Magdala se précipite vers Simon-Pierre et « le disciple que Jésus aimait ». 

Simon Pierre : il est le chef du groupe des disciples, probablement le plus âgé.

« Le disciple que Jésus aimait » cette expression propre à l’évangile selon Jean, désigne probablement Jean lui-même, et il ne faut peut-être pas entendre une préférence de personne mais une caractéristique de sa manière d’être disciple. C’est le plus jeune du groupe.

Pierre et Jean deux manières de suivre Jésus.

C’est aussi Pierre et Jean qui ont accompagné Jésus le plus loin dans sa Passion, Pierre jusqu’à la cour intérieure du grand sacrificateur et Jean jusqu’au pied de la croix.

Pierre et Jean se précipite à leur tour. 

La course des deux disciples est racontée avec détails. Jean, le plus jeune dépasse Pierre, arrive le premier, voit les bandelettes, mais n’entre pas. Est-ce par préséance pour Pierre ou par crainte de l’impureté du corps mort…

Arrive, à son tour, Simon–Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère nouvelle expression pour voir … Pierre considère les bandelettes posées là, et le linge qui avait recouvert la tête ; celui–ci n’avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit.

Dans le tombeau ouvert, deux signes : les bandelettes posées d’un côté et le linge qui couvrait le visage roulé de l’autre côté.

Pierre considère les bandelettes et le linge … puis il repart…

Jean est le seul des évangélistes à donner cette précision dans les trois synoptiques ce sont des anges dont on parle…

Nous nous souvenons du récit de la résurrection de Lazare rapporté par Jean : Lazare sortant de son tombeau empêtré dans les bandelettes, « Déliez-le » demanda Jésus. 

Les bandelettes d’un côté, le linge roulé de l’autre, ces deux petits « signes » attirent le regard et parlent à Jean. C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. Le corps de Jésus n’a pas été dérobé, les voleurs n’aurait pas enlevé et plié les bandelettes et le linge…

Peut-être Jean se souvient-il lui-aussi de Lazarre et entend à nouveau Jésus demandant « Déliez-le ».

Il vit et il crut. Jean voit  et ce nouveau verbe exprime une vision vraie, une vision de la vérité. Jésus lui le Christ n’a pas eu besoin d’être délié, lui le Vivant, sans péché. Je suis la résurrection et la vie leur a-t-il dit.

Il vit et il crut.  

Mais  Jean ne va rien en dire tout de suite,  en ce commencement,  ce qui s’est passé est indicible, mystère d’une pierre enlevée, mystère d’un tombeau vidé du corps crucifié, et qui ne contient plus que des bandelettes roulées et un linge plié, mystère d’une absence de corps, mais d’une présence au fond de lui qui ouvre progressivement son regard intérieur puis ses yeux…

Le passage se termine par ce verset :

En effet, ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts.

Croire et comprendre ou plutôt croire pour comprendre.

Oui cette Bonne Nouvelle contrairement à toutes les nouvelles du jour ne demande pas pour être reçu de preuves, d’analyses critiques historiques, c’est la seule nouvelle  que vous avez au plus profond de vous parce que Christ est réellement ressuscité. Jean Valette cité par Daniel Bourguet écrit : La foi à la Résurrection n’est pas née des textes des Evangiles mais de l’intervention du Ressuscité dans des vies humaines. Qui a cette preuve vivante en lui ne cherche pas des preuves. La question de l’historicité des textes ne se pose plus, parce que la certitude de leur vérité s’impose au croyant éclairé par l’Esprit.

Croire est le plus important, c’est la grâce et la liberté que nous offre Dieu dans son Amour. Le Dieu Tout Puissant Créateur n’a pas relevé d’entre les morts son Fils avec fracas et éclats pour s’imposer à nous. Non silence et discrétion, une pierre enlevé, un tombeau vide quelques bandelettes et un linge… Dieu ne veut pas s’imposer à nous.

Pour continuer à citer Jean Valette : Il n’y a pas dans les Evangiles des Témoins de la Résurrection mais des Témoins du Ressuscité. Car s’il n’y a rien dans l’Evangile sur le moment de la résurrection, par contre Christ Ressuscité va se manifester, aller à la rencontre, entrer en relation avec ses amis, en premier Marie de Magdala (quelle tendresse et délicatesse…), puis les disciples, Thomas (qui nous ressemble tant), les compagnons d’Emmaus, demandant à chacun d’être ses témoins pendant c’est quarante jours jusqu’à l’Ascension puis la Pentecôte et le don de l’Esprit aux apôtres et tous ceux qui croit en un Christ fils de Dieu mort et ressuscité…

C’est ce que Pierre dit dans le passage des actes : 

40  Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il lui a donné de manifester sa présence,

41  non pas au peuple en général, mais bien à des témoins nommés d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé avec lui et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.

42  Enfin, il nous a prescrit de proclamer au peuple et de porter ce témoignage : c’est lui que Dieu a désigné comme juge des vivants et des morts ;

43  c’est à lui que tous les prophètes rendent le témoignage que voici : le pardon des péchés est accordé par son Nom à quiconque met en lui sa foi. »

La Pâque Juive commémore la sortie d’Egypte, c’est-à-dire comment Dieu a libéré son peuple, le peuple hébreu de l’esclavage du pharaon. C’est ce que les disciples ont commémoré en partageant la pâque avec Jésus. Et voilà que Pierre a reçu la révélation de l’universalité de l’Evangile, lors de sa rencontre avec le Romain  Corneille. Il peut dire

34: « Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial, ne fait pas acception de personnes, 35  et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. Le message des apôtres sera pour tous les hommes de toutes les nations.

Je continue à citer Jean Valette : Dans la nuit de Pâques, Dieu a relevé Jésus d’entre les morts, acte d’établissement du Royaume parmi les hommes. Jésus, dans la nuit de Pâques n’est pas retourné à la vie comme Lazare que la mort retrouvera plus tard… Jésus dans la nuit de Pâques est entré dans la Vie, ou plus exactement, car la Vie il l’était lui-même, cette nuit-là, Dieu l’arraché à une mort qui n’avait aucun droit sur lui, n’ayant rien en lui, et par là-même, il a situé la Vie dans sa personne. Par Jésus ressuscité nous avons la Vie.

Pâque est le signe de la nouvelle alliance en Christ mort et ressuscité pour tous les hommes. Dieu libère de l’esclavage du péché et de la mort, et accorde le pardon et la grâce à quiconque met en lui sa foi. Quiconque c’est toi, moi, nous, les autres, l’étranger, le prochain, tous les croyants d’hier, aujourd’hui et demain.

En ce Dimanche de Pâques, premier jour d’une vie nouvelle transformée par Christ Vivant, osons dire, témoigner à la suite des apôtres et de la nuée de témoins : 

Christ est ressuscité, le tombeau est vide, la mort est vaincue, le Royaume est établi parmi les hommes.

Osons vivre cette vie nouvelle.

Doute, angoisse, souffrance, peur et faiblesse, tout est dépassé en ce matin de Pâques.

Nous ne sommes pas seuls ici-bas dans nos travaux et nos épreuves.

Nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes et en proie aux évènements, quels qu’ils soient.

Ne soyons pas tristes et découragés.

Nous avons avec nous, le Christ vivant, éternellement vivant.

Il est avec nous jusqu’à la fin.

Le Seigneur vivant nous accompagne, nous garde et nous protège. 

Christ vivant met en nous la Vie.

Faisons lui confiance. Il est notre espérance et notre force.

Vivons avec Jésus Ressuscité, et que notre vie témoigne de sa présence !

Christ est Vivant, faisons éclater notre joie, chanter notre louange. Alléluia !

Amen !

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